L or et la boue pdf

20 ans après le détournement du vol AF8969 Alger-PAris, revivez l or et la boue pdf coulisses de cet événement avec ses principaux acteurs. Un commando islamiste prend le contrôle du vol AF 8969 à destination de Paris. Au terme de 54 heures d’un insoutenable huis-clos, le GIGN mène un assaut qui restera à jamais dans les annales.

Les membres du GIGN donnent l’assaut. Depuis trois ans, l’Algérie s’enlise dans la guerre civile qui, selon certaines estimations, va faire 200 000 morts. Groupe Islamique Armé, le plus sanguinaire des mouvements terroristes algériens, est le commanditaire d’une série d’enlèvements, d’assassinats et d’actions terroristes. La France, qui prépare le réveillon de Noël,  chavire en plein cauchemar.

Bénéficiant des négligences policières et aéroportuaires de l’aéroport Houari-Boumediène d’Alger, quatre islamistes armés embarquent  à bord de l’airbus A300 assurant le vol AF8969 devant relier Paris, avec à son bord 229 passagers et douze membres d’équipage. 25 ans ayant épousé la cause radicale, est le chef présumé du commando. 27 ans, originaire d’El Harrach, dans la banlieue d’Alger. Un homme ravitaille le vol AF8969, cloué sur le tarmac de l’aéroport d’Alger.

Avec une facilité déconcertante,  le commando a pu entrer sur la zone réservée sans passer par l’aérogare. Il pleut ce jour-là sur Alger, la surveillance sur les pistes n’est pas à la hauteur. Par ailleurs, le contrôle voyageur laisse apparaître des dysfonctionnements . Une soixantaine de personnes seraient ainsi montées à bord sans carte d’embarquement. Le chef d’escale adjoint d’Air France, en poste à l’époque, affirme, lui, que les règles de sécurité ont été respectées par la compagnie. BERNARD DHELLEMME Le commandant de bord de l’A300, résumera plus tard son rôle: entre le marteau et l’enclume, j’ai fait de mon mieux pour tout le monde. Portant des imperméables dissimulant des uniformes d’Air Algérie volés quelques semaines auparavant, les pirates de l’air se font d’abord passer pour des policiers et simulent un contrôle d’identité.

On a commencé à douter lorsqu’on a vu un bâton de dynamite sortir d’une poche , confie Jean-Paul Borderie, le copilote en 2011 à Sud-Ouest. Dans la foulée, le commando armé passe à l’action en criant Nous sommes du GIA ! Nous sommes des tueurs, nous prenons le contrôle de l’avion. Ils brandissent des armes de poing et deux kalachnikov. Ils avaient des sacs plastique plein de munitions et de matériels. Deux bombes ont été retrouvées avec 800 grammes d’explosifs. Dans une tension extrême, une passagère récalcitrante reçoit une gifle et une hôtesse est bousculée.

Des harangues islamistes et des sourates sur la mort retentissent dans l’avion. Les femmes sont sommées de se couvrir la tête de couvertures en guise de  hidjab . Les moudjahidins autoproclamés ordonnent au pilote de décoller. En vain, le cauchemar ne fait que commencer.

Soucieux de faire le jour sur l’islam et la situation en Algérie, les pirates exigent de recevoir un journaliste algérien  et un de ses confrères français. Puis, ils ordonnent de s’envoler vers Paris où ils souhaitent tenir, là encore, une conférence de presse. Pendant les pourparlers, le commando exige aussi la libération des deux chefs historiques du Front islamique du salut, Abassi Madani et Ali Belhadj, emprisonnés en Algérie pour atteinte à la sûreté de l’Etat. C’est un univers clos, bourré de kérosène. Les islamistes réclament une fois encore aussi l’autorisation d’un décollage à destination de Paris, avec l’intention d’y mener une opération kamikaze. Pendant la prise d’otage, ils s’appellent par des noms de code  Mobile 2 ,  Mobile 3 ,  Mobile 4  et  Mobile 6  faisant ainsi croire à l’existence d’une demi-douzaine de pirates. La moitié des effectifs, en permission en cette veille de Noël, est rappelée en urgence.